Test du Realme 16 Pro : une grosse batterie dans un smartphone étonnamment léger

Test du Realme 16 Pro : une grosse batterie dans un smartphone étonnamment léger

En France, Realme passe directement du 14 Pro au 16 Pro. La marque a bien lancé une série 15 sur dâautres marchés, mais a choisi de faire lâimpasse sur cette génération ici. Le saut de deux numéros est donc surtout numérique, même si plusieurs évolutions sont bien au programme.

- Autonomie proche de deux jours

- Son format est fin malgré la batterie de 6 500 mAh

- Le capteur principal est convaincant, avec un zoom 2x facilement exploitable

- Un écran plat et fluide à 144 Hz

- Dos mat agréable et peu salissant

- Ultra grand-angle peu fiable, surtout la nuit

- Les performances sont presque inchangées par rapport au Realme 14 Pro

- Sa recharge limitée à 45 W nous laisse sur notre fin

Un grand smartphone qui ne donne pas lâimpression dâêtre énorme

Avec son écran de 6,78 pouces et ses 77,6 mm de large, le Realme 16 Pro n’est pas le smartphone le plus compact dans cette gamme. Son format convient davantage aux grandes mains et certaines manipulations restent difficiles à effectuer à une seule main. Pourtant, il ne donne pas lâimpression de manipuler un appareil démesuré.

Cette sensation vient principalement de son épaisseur de seulement 7,75 mm et de son poids de seulement 192 grammes. Ce nâest pas un poids plume, mais la sensation reste bluffante pour un smartphone de ce gabarit, dâautant quâil embarque une batterie de 6 500 mAh, sur laquelle nous reviendrons plus tard dans ce test.

Le poids est par ailleurs bien réparti et lâimposant appareil photo ne déséquilibre pas excessivement le téléphone vers le haut â et reste relativement plat sans être affleurant pour autant.

Realme abandonne aussi les courbes du 14 Pro au profit dâun écran, dâun dos et de tranches entièrement plats. Le résultat est moins original, mais aussi plus moderne et plus pratique. Les écrans incurvés, autrefois synonymes de haut de gamme, ont fini par donner un petit côté daté aux smartphones qui les utilisent encore.

Les coins restent suffisamment arrondis pour ne pas donner lâimpression de tenir une brique, tandis que le dos mat accroche bien la main et évite de collectionner les traces de doigts. Le polymère fait forcément un peu moins premium que du verre, mais il est moins glissant et probablement moins angoissant à manipuler.

Realme mise sur lâendurance, pas sur la puissance

Lâautonomie est devenue une spécialité chez Realme. Le constructeur fait partie des marques qui ont rapidement poussé les batteries silicium-carbone, une technologie capable de stocker davantage dâénergie sans faire gonfler les smartphones. Dès la fin de lâannée 2024, le Realme GT 7 Pro (et le 7T Pro) embarquait ainsi de grosses batteries. Câétait bien avant Samsung, qui vient seulement dâadopter cette technologie avec ses Galaxy Z Fold 8 et Z Flip 8.

Cette expérience se retrouve sur le Realme 16 Pro, équipé en France dâune batterie de 6 500 mAh, contre 6 000 mAh sur son prédécesseur. Attention toutefois aux fiches techniques étrangères : dans certains pays, le même modèle atteint 7 000 mAh et bénéficie dâune recharge de 80 W. Lâimportation de cette version peut donc être tentante, à condition de choisir un modèle international compatible avec les fréquences françaises. Toutes les déclinaisons ne se valent pas : la version indienne est notamment dépourvue de la bande 4G B20, du NFC et de lâeSIM.

Dans les faits, il est difficile de vider le Realme 16 Pro en une seule journée. Avec un usage mêlant réseaux sociaux, navigation web, photo, vidéo et musique, je terminais les journées avec une marge confortable de 40 %. Un monde parallèle pour moi, qui utilise au quotidien un autre 16 Pro — mais celui dâApple. Les deux jours complets restent largement atteignables avec un usage modéré.

La marque nous avait habitués à des recharges parfois démesurées, mais le 16 Pro se limite ici à 45 W. Ce nâest pas vraiment lent et quelques minutes suffisent pour récupérer plusieurs heures dâautonomie, mais c’est bien moins que le Realme GT 7 Pro, par exemple, affiché à 120 W. Dâautant que le chargeur nâest pas fourni dans la boîte française, alors que certaines versions étrangères y ont encore droit.

Realme sâest montré beaucoup plus conservateur sur la puissance. Le Dimensity 7300 Max est très proche du Dimensity 7300 Energy déjà utilisé dans le Realme 14 Pro, avec notamment le même processeur graphique Mali-G615. Le suffixe « Max » ne doit donc pas faire espérer un bond générationnel. Le smartphone reste parfaitement fluide au quotidien, aidé par son écran 144 Hz et ses 8 Go de RAM, mais il nâa rien dâune machine de guerre. Les jeux fonctionnent correctement, à condition de ne pas systématiquement pousser les graphismes au maximum.

Jâai lancé Fortnite avec les graphismes réglés sur « Ãlevé » et une fréquence de 40 images par seconde. Le jeu tourne bien et reste parfaitement agréable, y compris pendant les combats. Jâai même décroché un Top 1 dès la première partie, probablement face à une armée de bots chargés de flatter mon ego â mais un Top 1 reste un Top 1.

Pour ce qui est de l’OS dans sa globalité, Realme UI 7 se montre fluide et riche en options de personnalisation, mais manque encore un peu de sobriété. Il faut notamment faire le ménage parmi quelques applications préinstallées et sâhabituer à des menus parfois chargés. Une fois cette petite corvée passée, lâinterface reste agréable au quotidien, même si elle nâa pas l’intuitivité dâun Pixel ou dâun Nothing.

Les 200 mégapixels font-ils oublier lâabsence de téléobjectif ?

Deux cents mégapixels sur un smartphone vendu autour de 350 â¬, le chiffre est forcément séduisant. Il faut toutefois se méfier de la course aux grands nombres : cette définition ne signifie pas que chaque photo sera quatre fois meilleure que celle dâun appareil de 50 mégapixels. Elle permet surtout à Realme de recadrer dans lâimage pour proposer un zoom 2x sans trop perdre en qualité.

Par défaut, le smartphone prend dâailleurs ses photos en 12 mégapixels. Les modes 50 et 200 mégapixels sont disponibles sous l’onglet « haute résolution », mais je les ai finalement assez peu utilisés. Ils génèrent des fichiers plus lourds, demandent beaucoup de lumière et nâapportent pas toujours une différence flagrante. Dans la plupart des situations, sortir le téléphone et déclencher sans toucher aux réglages reste la meilleure solution.

En journée, le résultat est franchement convaincant. Les photos sont précises, les couleurs agréables et le niveau de détail ne laisse pas vraiment deviner que lâon utilise un smartphone vendu autour de 350 euros. Le capteur principal conserve aussi un piqué satisfaisant la nuit, à condition que la scène soit suffisamment éclairée. Dès que les sources lumineuses sâéloignent, les limites du téléphone deviennent plus visibles.

Les 200 mégapixels trouvent surtout leur intérêt au moment de zoomer. Le Realme 16 Pro nâa pas de téléobjectif, mais son zoom 2x réalise un recadrage suffisamment propre pour donner lâimpression dâutiliser une véritable seconde focale. Câest celui que jâai le plus utilisé pendant mon test : il permet de se rapprocher dâun sujet ou de cadrer un portrait sans que la qualité sâeffondre. Même la nuit, il sâen sort correctement lorsque lâéclairage nâest pas trop mauvais. Le zoom 4x reste même partageable, parfois jusque dans des conditions nocturnes correctes. Au-delà de 10x, en revanche, les détails fondent rapidement : les 200 mégapixels ne font pas de miracle.

Lâultra grand-angle de 8 mégapixels est beaucoup moins fiable. Il dépanne en journée, sans offrir une précision remarquable, mais devient franchement aléatoire la nuit : certaines photos restent acceptables, dâautres ressortent floues. La caméra frontale de 50 mégapixels produit de bons selfies, même si le mode portrait a parfois tendance à faire disparaître les cheveux qui dépassent. Même constat pour la vidéo 4K à 30 images par seconde : câest propre et suffisant, sans être exceptionnel.

Les fonctions IA, comme les conseils de cadrage ou les effets lumineux, sont amusantes à essayer mais restent globalement assez gadget.

Le Realme 16 Pro+ est son meilleur ennemi

Le principal problème du Realme 16 Pro vient de sa propre famille. Dès que lâécart de prix avec le Pro+ passe sous les 100 euros, ce dernier devient plus facile à recommander : il est plus puissant, recharge plus vite et ajoute le téléobjectif qui manque ici.

La concurrence ne vient pas uniquement de sa propre famille. Autour de 350 euros, le Pixel 9a, les Nothing Phone 3a, le Galaxy A57 et lâéternel Redmi Note 15 se disputent déjà les mêmes acheteurs. Certains photographient mieux, dâautres seront mis à jour plus longtemps ou proposent une fiche technique encore plus généreuse. Le Realme 16 Pro ne remporte donc pas le match sur tous les terrains.

Il gagne toutefois une bataille, et pas la moins importante : celle de lâautonomie même. Sans être totalement imbattable — le Honor Magic8 Lite fait encore mieux — le Realme 16 Pro compte parmi les modèles les plus endurants à ce prix, tout en restant étonnamment léger. Si votre priorité est de passer une grosse journée (voire davantage) loin dâune prise, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Le verdict

Realme 16 Pro

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- Autonomie proche de deux jours

- Son format est fin malgré la batterie de 6 500 mAh

- Le capteur principal est convaincant, avec un zoom 2x facilement exploitable

- Un écran plat et fluide à 144 Hz

- Dos mat agréable et peu salissant

On a moins aimé

- Ultra grand-angle peu fiable, surtout la nuit

- Les performances sont presque inchangées par rapport au Realme 14 Pro

- Sa recharge limitée à 45 W nous laisse sur notre fin

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