Câbles brûlants, écrans illisibles et humains en surchauffe : les limites des stations de recharge face aux fortes températures

Câbles brûlants,  écrans illisibles et humains en surchauffe : les limites des stations de recharge face aux fortes températures

Loin du casse-tête dâil y a quelques années, les longs trajets en voiture électrique sont désormais à la portée de tous, même sans un modèle spécialement taillé pour lâexercice. Si quelques zones restent mal couvertes en bornes, il nây a cependant plus de grande difficulté à traverser la France. Maintenant que ce constat est établi, peut-on se permettre de juger la qualité de lâexpérience ?

Vous lâaurez compris, les températures actuelles mâont rendu, comme tout le monde, un peu grognon. Dimanche dernier, je devais reprendre la route entre lâAlsace et Paris pour rendre une Polestar 3 que jâétais en train de tester (mon avis complet sera prochainement sur Numerama). Un trajet sans grande difficulté avec un tel véhicule, mais rendu éprouvant par la canicule au moment de la recharge.

Cartographie de tous les parkings de France

Avec 195 356 points de recharge ouverts au public fin mai 2026, la France fait dorénavant partie des bons élèves en matière de recharge, derrière les Pays-Bas, qui restent la référence européenne. L’expérience n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a cinq ans. On peut même se permettre de snober certaines enseignes trop coûteuses sur autoroute pour rejoindre une station située à la sortie d’un péage, souvent plus calme. Le tableau n’est pourtant pas si idyllique dès que l’on quitte certaines aires autoroutières.Â

Je n’ai jamais nourri une passion débordante pour les parkings, surtout ceux sans commodités. Câest pourtant devenu un passage obligé de la recharge. Dans certaines situations, la recharge peut même devenir anxiogène, pour peu que l’on se retrouve dans un endroit trop isolé ou quâon y passe à une heure tardive. Certains me diront quâune station-service nâest guère plus glamour ou bucolique, et câest vrai. Sauf que lâon ne sây attarde pas autant quâaux bornes de recharge. Et ce nâest pas la durée de lâarrêt qui pose problème, mais bien les conditions de cette pause.

En plein cagnard

Ce nâest pas la première fois que je râle pour lâexposition des bornes à tous les vents. Lâhiver dernier, câétait pour me plaindre quâen cas de pluie (ou de neige), câétait très désagréable de devoir sâarrêter pour recharger. Toutefois, ce nâest pas parce quâil fait beau que lâexpérience en est plus agréable. Pas lâombre dâun arbre aux alentours, et encore moins dâune ombrière au-dessus des bornes. De nombreuses stations occupent un coin dâun immense parking goudronné où la chaleur devient tout simplement insoutenable.

La plupart des conducteurs se réfugient alors dans leur voiture climatisée pour échapper à la chape de plomb qui sâabat dès que lâon sâaventure hors du véhicule. Est-ce vraiment ce que lâon attend dâune pause sur un long trajet ? Jâaime profiter de ces 15 à 40 minutes pour prendre lâair.

La borne elle-même subit les agressions de la météo. En été, les câbles de recharge (noirs) sont brûlants à manipuler à force dâêtre exposés en permanence au soleil, sans oublier la chaleur générée par le courant qui les traverse. Les écrans sont globalement illisibles, et encore, quand ils fonctionnent. Certaines bornes affichent des débits réduits, voire se mettent temporairement hors service. Comment leur en vouloir ? Je nâaurais pas envie de délivrer 300 kW alors que je crame au soleil depuis des heures.

Et les humains dans tout ça ?

On a pensé à installer des bornes. On a moins pensé aux humains qui doivent patienter à côté. Il est regrettable que le confort des utilisateurs reste un aspect secondaire de la recharge. Forcément, les opérateurs privilégient dâabord lâemplacement et sa rentabilité. Mais à mesure que la concurrence se densifie, il faudra aussi faire des efforts pour séduire les clients. Et le tarif seul ne fera pas tout.

Lâopérateur Fastned a pourtant montré le bon exemple avec ses ombrières photovoltaïques qui couvrent les bornes, et parfois même quelques bancs pour patienter. Ce nâest pas révolutionnaire, câest simplement ce que lâon demande. Jâen appelle donc aux opérateurs : faites quelque chose pour améliorer lâexpérience, et pas uniquement sur les grosses aires dâautoroute. En plus, ces espaces autour des bornes se transforment naturellement en lieux de convivialité quand les conditions sont réunies.Â

Sur les stations Ionity, lâentraide est aussi souvent de mise. Cette fois, c’est pour essayer de guider les automobilistes vers les bornes fonctionnelles. à ce petit jeu, jâai gagné à échanger dimanche avec un couple de Suédois. Ils descendaient vers la Provence avec leur Volkswagen ID.4 : une discussion sympathique, mais écourtée par le besoin de trouver de lâombre. Dommage !

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