« Des grands trajets sans se prendre la tête » : Electra révolutionne son app pour offrir l’expérience Tesla à tous

« Des grands trajets sans se prendre la tête » : Electra révolutionne son app pour offrir l’expérience Tesla à tous

Une partie des early adopters de la voiture électrique a connu lâépoque de la planification minutieuse dâitinéraire avant de se lancer à lâaventure sur la route. Un groupe de conducteurs nâa cependant jamais eu vraiment à se préoccuper de tout cela : les conducteurs de Tesla. Des années plus tard, Tesla conserve une certaine avance en matière de longs trajets et de recharge : trouver des Superchargeurs sur le trajet, se brancher et même personnaliser sa recherche avec Grok.

Avec le développement de la voiture électrique, une nouvelle vague dâautomobilistes s’apprête à vivre son premier grand voyage estival en électrique avec une seule exigence : retrouver la simplicité du thermique. C’est précisément pour répondre à cette attente qu’Aurélien de Meaux, le patron d‘Electra, transforme son application en un point d’entrée unique de la recharge. Je l’ai justement rencontré, le 22 juin 2026, pour quâil explique à Numerama comment Electra veut mettre tous les conducteurs sur un pied dâégalité.

Un badge Electra et plus de 800 000 bornes accessibles

Jusquâà présent, lâapplication Electra permettait principalement de charger sur ses propres stations (750 à fin juin 2026) et celles des partenaires Charge League (Atlante, Fastned et Ionity). Lors de la mise à jour, prévue le 29 juin, elle change de dimension en donnant accès à plus de 800 000 bornes toutes marques confondues.

Il ne sâagit pas simplement de référencer toutes les bornes comme le font dâautres services. La vraie valeur ajoutée réside dans le tri opéré par l’algorithme. « Demain, tu vas avoir accès à toutes les bornes. Sauf que l’avantage, c’est qu’on va les hiérarchiser. On va les organiser de manière intelligente pour toi. On te proposera les bornes qui sont les plus fiables, les mieux notées, les moins chères, etc. », expliquait Aurélien de Meaux.

Electra fait le choix de ne prendre aucune commission sur les réseaux tiers. Un service totalement gratuit pour l’utilisateur, qui cache une vision stratégique à long terme : « Il n’y a pas de business model et de gains financiers immédiats dans le sens où on ne va pas monétiser le service. En revanche, le fait d’être un carrefour d’audience privilégié avec les gens qui utilisent l’application Electra, pour nous, ça a de la valeur. »

Enfin, pour pallier les ratés technologiques de certaines infrastructures qui refusent de démarrer via un smartphone, Electra lance également son propre badge physique. Il sera disponible à la commande dès le 29 juin.

Un planificateur intelligent, connecté en temps réel à la voiture et pilotable à la voix

Câest le gros morceau de cette mise à jour : la refonte totale du route planner pour offrir la fameuse expérience « sans friction » de Tesla. L’application calcule la consommation selon le modèle du véhicule, sa géolocalisation et sa vitesse réelle, puis lui demande simplement de valider les ajustements en deux clics durant le trajet pour ajuster le tir, si lâapp nâest pas connectée au véhicule par Apple CarPlay ou Android Auto.

L’autre innovation majeure est l’interactivité. à l’image de Grok chez Tesla, le planificateur devient conversationnel. Il peut répondre à une commande vocale comme « s’arrêter vers 19h30 pour dîner et recharger en même temps », « privilégier la borne la moins chère », ou « exclure tel réseau dont l’environnement laisse à désirer ». C’est cette simplicité qui doit permettre d’accompagner la bascule du marché vers le grand public. Aurélien de Meaux se met dans la peau du nouvel utilisateur et de ce qu’il souhaite : « mettre mon téléphone et qu’on me dise où m’arrêter, et que ça soit simple, que ça marche. »

Un coup dur pour Chargemap

En ouvrant son application à l’ensemble des réseaux européens et en fournissant son propre badge physique, Electra vient chasser sur les terres des agrégateurs historiques, au premier rang desquels figure le français Chargemap. L’approche d’Aurélien de Meaux se veut d’ailleurs offensive face aux acteurs en place, notamment sur la question de la tarification.

Là où les intermédiaires classiques appliquent généralement une commission sur chaque recharge itinérante, Electra fait le pari du prix coûtant : « Je connais depuis des années l’équipe de Chargemap, ils ont fait un super boulot et effectivement, notre produit est de nature à concurrencer ce qu’ils font. »

Pour le patron d’Electra, la différence se jouera sur l’intégration verticale. Contrairement aux simples applications de cartographie, l’opérateur possède ses propres infrastructures physiques, ses équipes d’exploitation à Lyon et une vision globale des flux. Un avantage structurel qui lui permet d’offrir gratuitement des services avancés, là où d’autres dépendent des commissions pour survivre.

Electra travaille depuis un an sur ce projet, espérant devenir lâapplication (et le réseau) incontournable pour les trajets dâété et plus. Et tant pis pour la concurrence qui nâa pas su innover.

Il reste désormais à voir si les automobilistes adopteront ce nouveau réflexe Electra, et si le service tient bien ses promesses. Les planificateurs qui changent de bornes en douce pour finir par vous envoyer sur le parking du Burger King de Vesoul en plein rush du midi (c’est du vécu), ce nâest pas vraiment lâexpérience rêvée des conducteurs de voitures électriques. Electra peut-il faire mieux ? Les promesses sont séduisantes, mais j’attends désormais de juger la mise à jour de lâapplication sur pièces.

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