Test du Ugreen NASync DXP4800 GT : le premier NAS AMD de la marque face au DXP4800 Plus

Test du Ugreen NASync DXP4800 GT : le premier NAS AMD de la marque face au DXP4800 Plus — Tech | Versia.media

Test du Ugreen NASync DXP4800 GT : le premier NAS AMD de la marque face au DXP4800 Plus

**NAS Ã NAS**

Ugreen abandonne ses puces Intel pour passer chez AMD. Le NASync DXP4800 GT est un boîtier 4 baies conçu pour un réseau musclé, équipé de deux ports 10 GbE et d'un processeur Ryzen. Le suffixe « GT » emprunté au vocabulaire automobile des grandes routières est revendiqué par le constructeur : vitesse, endurance, fonctionnement 24/7. Proposé à 659,99 € nu (avec une remise de lancement de 10 % sur la boutique officielle et chez Amazon), il cible les créateurs de contenu et les foyers connectés dont les besoins de stockage augmentent rapidement.

J'ai passé une journée à explorer les entrailles de la machine en SSH, en la mesurant sous tous les angles. Et pour contextualiser ses résultats, je ne l'ai pas testée isolément : je l'ai comparée à sa grande sœur, le DXP4800 Plus (le modèle Intel de l'année dernière, au châssis identique), ainsi qu'à un NAS d'une autre marque, le TerraMaster F8 SSD Plus, full SSD. Nous avons donc trois philosophies distinctes, mais un seul protocole.

**Fiche technique**

**Présentation : un boîtier familier, des entrailles inédites**

Posé sur le bureau, le DXP4800 GT dégage une impression de sérieux. Le châssis en métal, compact et dense (3,8 kg sur la balance), est rehaussé de fins liserés dorés qui contrastent avec le noir mat.

C'est un cube de 257 mm de profondeur pour 178 mm de côté, à peu près la taille d'une grosse cafetière.

Le seul bémol esthétique est l'alimentation externe, dont le bloc de 150 W est volumineux. Rien de rédhibitoire, mais il faudra lui trouver une place sous le meuble. Franchement, il est sobre et beau.

La façade est conçue pour un accès rapide. On y trouve un lecteur de cartes SD 3.0, un port USB-C à 10 Gb/s et un port USB-A également à 10 Gb/s, avec une fonction de sauvegarde automatique au branchement. Pour un photographe ou un vidéaste qui rentre de tournage, c'est très pratique : on insère la carte, on copie, sans allumer d'ordinateur. C'est aussi le détail qui distingue le 4 baies du petit DXP2800 GT, qui n'a pas de lecteur SD.

À l'arrière : deux ports RJ45 10 GbE, confiés à des contrôleurs Aquantia AQC113. C'est là toute l'identité du GT. À côté, on trouve une sortie HDMI 4K, un port USB-A à 10 Gb/s et deux USB-A plus lents à 5 Gb/s, ainsi que la prise d'alimentation. La connectique est généreuse et bien hiérarchisée, sans port inutile.

Côté refroidissement, le GT mise sur un grand ventilateur arrière qui aspire l'air à travers les baies. Mes sondes internes l'ont trouvé sobre : le CPU grimpe de 50 à 57 °C sous charge soutenue, puis redescend vite vers 44 °C une fois le calme revenu, tandis que les contrôleurs réseau 10 Gbit tournent autour de 44 à 48 °C. Rien d'inquiétant.

Le changement de disques se fait sans outil. Les quatre tiroirs SATA se déverrouillent et coulissent en façade, prêts à recevoir des disques 3,5 ou 2,5 pouces. Petite subtilité haut de gamme : les baies 1 et 2 acceptent aussi des SSD U.2 NVMe en PCIe 3.0 x4, une connectique serveur réservée aux configurations les plus rapides. C'est une flexibilité bienvenue, même si peu d'utilisateurs grand public iront jusque-là .

Au-dessus du SATA, le GT propose deux emplacements M.2 pour SSD NVMe, à utiliser en cache ou en volume de stockage rapide. Une nuance importante, vérifiée : ces M.2 ne peuvent pas héberger le système, qui réside sur une puce mémoire dédiée. Nous y reviendrons, car ce choix a des conséquences mesurables sur la réactivité.

Pour la mémoire vive, Ugreen reste accessible. On part de 8 Go de DDR4, répartis sur deux slots, avec une extension officielle jusqu'à 64 Go. La RAM est non-ECC par défaut, mais la machine prend en charge l'ECC mono-puce, un correctif d'erreurs apprécié de ceux qui stockent des données critiques. L'accès aux slots se fait par démontage du boîtier, comptez quelques vis, rien de sorcier.

Un mot, enfin, sur la filiation. Visuellement et mécaniquement, le DXP4800 GT est le jumeau du DXP4800 Plus : même châssis, même disposition de baies, même logique d'accès. Toute la différence est interne. Là où le Plus embarque un processeur Intel et un seul port 10 GbE (le second étant en 2,5 GbE), le GT troque l'Intel contre un AMD Ryzen et double la mise en réseau. Si le design vous plaît, sachez que nous l'avions déjà détaillé en long et en large dans notre test du modèle Plus.

**Performances : le réseau d'un côté, des compromis de l'autre**

Petit mot de méthode d'abord, parce qu'un chiffre sans protocole ne vaut rien. J'ai tout mesuré en SSH, machine au repos (services et conteneurs Docker arrêtés), avec les outils natifs d'UGOS : fio pour le disque, ffmpeg pour la vidéo, 7-Zip pour le calcul, OpenSSL pour le chiffrement et iperf3 pour le réseau.

Le DXP4800 Plus et mon TerraMaster F8 SSD Plus ont subi exactement le même traitement. D'ailleurs, notez que les disques durs n'étaient pas identiques d'une machine à l'autre, donc les tests purement « disque dur » ne sont pas comparables tels quels, je m'appuie plutôt sur les transferts réseau réels, qui reflètent ce que vous allez vivre. Dernière transparence : le TerraMaster F8 tournait avec une petite machine virtuelle en arrière-plan (charge quasi nulle) au moment des mesures, ses chiffres sont donc légèrement pessimistes.

Côté calcul brut, j'ai lancé le benchmark intégré de 7-Zip, qui exprime la puissance en MIPS (millions d'instructions par seconde, plus c'est haut, mieux c'est). En multi-thread, le GT atteint 19 135 points contre 21 016 pour le Plus, soit 10 % de retard ; en mono-thread, l'écart grimpe à 14 % (3 971 contre 4 527). Le cœur unique très haut perché de l'Intel reste devant, mais les 8 threads du Ryzen comblent une bonne part du déficit en charge multiple. Pour donner une échelle, le TerraMaster F8 et son Core i3-N305 à 8 cœurs survolent ce test en multi (23 244 points) : vous l'aurez compris, la course au calcul n'est pas le terrain du GT.

La mémoire, c'est autre chose. Sur un test de bande passante, le GT plafonne à 18,6 Go/s là où le Plus, en DDR5, atteint 46,9 Go/s, un facteur 2,5. La raison est double : le GT est en DDR4, et sa mémoire tourne à 2 667 MT/s seulement, en deçà de ce que la norme permettrait. Concrètement, plus la bande passante est faible, plus les machines virtuelles et les conteneurs lourds peinent à se nourrir. Ce n'est pas bloquant pour du stockage, mais cela pèse dès qu'on empile les services.

Le chiffrement, lui, partage les rôles. Sur l'AES-256-GCM (l'algorithme derrière les volumes chiffrés et le HTTPS), l'Intel du Plus écrase tout avec 4,60 Go/s contre 3,18 Go/s pour le GT, soit 45 % d'avance. Mais le Ryzen prend sa revanche sur le SHA-256, une fonction de vérification d'intégrité, où il devance le Plus de 12 % (1,77 contre 1,58 Go/s) grâce aux instructions dédiées de l'architecture Zen+. En pratique, aucune des deux machines n'est limitée par le hachage ; c'est surtout l'écart sur l'AES qu'il faut retenir si vous chiffrez vos données.

J'arrive au cœur du sujet pour un NAS multimédia : le transcodage matériel. Transcoder, c'est convertir une vidéo à la volée (par exemple un fichier 4K vers du 1080p) pour qu'elle passe sur une connexion ou un écran plus modeste, c'est exactement ce que fait Plex ou Jellyfin quand vous regardez un film loin de chez vous. En confiant ce travail au GPU (VAAPI), le GT décode-redimensionne-réencode un flux 4K vers 1080p à 75 images par seconde en H.264 et 81 fps en HEVC. C'est très correct dans l'absolu, mais le Plus et son moteur Intel QuickSync grimpent à 142 fps en H.264, soit 89 % plus vite.

Reste le test le plus parlant, celui que j'appelle « Plex un samedi soir » : combien de flux 4K vers 1080p la machine tient-elle en simultané, en temps réel ? Le GT en assure deux sans broncher (37 fps par flux), mais cale au troisième et au quatrième. Le Plus, lui, tient quatre flux d'affilée (36 fps chacun). Si votre foyer compte plusieurs écrans qui piochent en même temps dans la bibliothèque, c'est un argument de poids — et il n'est pas en faveur du GT.

Le moteur vidéo du GT traîne par ailleurs un handicap de génération. Son bloc VCN 1.0 date de l'architecture AMD de 2018 : il ne décode ni l'AV1, ni le VP9 en matériel. Or ce sont précisément les codecs qui se généralisent sur YouTube et Netflix. Le Plus, avec son Intel plus récent, gère les deux en hardware.

Et à mesure que l'AV1 s'impose, le GT devra transcoder ces sources au processeur, plus lentement et plus gourmand en énergie. C'est un point de vigilance pour ceux qui cherchent à avoir un NAS comme une médiathèque.

Le disque système est l'autre talon d'Achille. Le GT loge son OS sur une puce eMMC de 64 Go, beaucoup plus lente qu'un SSD NVMe.

Un démarrage complet en 1 min 50, contre 1 min 09 pour le Plus (équipé, lui, d'un vrai NVMe), et un écart d'un facteur 22 sur les accès aléatoires. Cela ne change rien à la vitesse de vos fichiers stockés sur les disques, mais cela se sent à chaque redémarrage, à l'ouverture de l'interface et lors de l'installation d'applications. La machine paraît moins vive au quotidien.

Et puis il y a le réseau, la grande fierté du GT. Branché en direct sur le Plus via un câble 10 Gbit, il a atteint 9,42 Gb/s dès un seul flux TCP, sans la moindre retransmission, dans les deux sens : c'est du débit théorique maximal, propre. Les contrôleurs Aquantia sont irréprochables, et les deux ports peuvent même être agrégés jusqu'à 20 Gb/s. Mais une nuance honnête s'impose : ce potentiel ne s'exprime qu'avec une infrastructure 10 Gbit derrière (un switch dédié, du SMB multicanal activé, du stockage rapide). Sur mon réseau domestique en 2,5 Gbit, mes transferts SMB réels depuis un Mac tournaient autour de 206 Mo/s en écriture et 146 Mo/s en lecture sur disques durs, corrects, mais bridés par le réseau, pas par la machine. Le tout-SSD du TerraMaster F8, lui, saturait le lien à 265/252 Mo/s.

Dernier poste, la consommation, et là le GT paie sa génération AMD. Au repos, son processeur tire 5,1 W contre 1,2 W pour l'Intel du Plus, un facteur 4. En pleine charge, l'écart se resserre (20,9 W contre 15,6 W). Pour une machine censée rester allumée jour et nuit, c'est l'écart le plus parlant sur la durée. Une précision méthodologique : ces chiffres ne mesurent que le package processeur, pas les disques ni les deux contrôleurs 10 Gbit, eux aussi gourmands. Mais la tendance est nette : le GT consomme plus.

**L'OS : UGOS Pro, et la liberté de tout remplacer**

Le GT tourne sous UGOS Pro, le système maison d'Ugreen. C'est une interface web façon bureau, claire et accessible, avec un catalogue d'applications qui couvre les usages courants : Ugreen Photos (avec tri par visages, lieux et objets via IA), gestion de musique et de vidéo, sauvegarde, gestionnaire de téléchargements. L'accès à distance passe par UGREENlink, un service gratuit intégré qui évite la configuration réseau pénible (ports, IP publique) que redoutent les débutants.

Sous le capot, bonne surprise pour les bidouilleurs : UGOS Pro repose sur une base Debian 12 peu verrouillée. On dispose d'un vrai SSH avec accès administrateur complet, de Docker officiel, et d'une pile de stockage 100 % standard, lisible avec les outils Linux classiques. Tout ce que j'ai pu faire pendant cette journée de tests, benchmarks, routage, conteneurs, serait tout simplement impossible sur un NAS verrouillé.

L'écosystème des applications, en revanche, reste jeune. Sur ces machines, l'essentiel de ce qui compte (Plex, Jellyfin, Home Assistant, un client torrent) tourne via Docker plutôt qu'en applications natives léchées. C'est tout à fait

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